Formation; Grande Guerre; Entreguerres; l'Appel a juin 1940; Résistance; Libération; De Gaulle politique; 1947-53; 1953-58; 1958; Veme. République; 1959-62; 1962-68; Mai 1968; Retraite; Comencemment; Perdu?
Charles de Gaulle est né à Lille le 22 novembre 1890 dans
une famille catholique et
patriote. Son père, Henri de Gaulle, professeur de lettres et d'histoire,
a eu une
grande influence sur lui. Les Jésuites et les Assomptionnistes donnent
au jeune
Charles une solide culture générale et humaniste. Il subit
aussi l'influence de
Péguy et surtout de Bergson. Si Henri de Gaulle se dit " monarchiste
de regret ",
si on peut lire chez lui L'Action française de Maurras, ses enfants
ne remettent pas
en cause la République. Lors de l’affaire
Dreyfus, convaincu de l’innocence du
capitaine accusé de trahison, Henri de Gaulle exprime en outre des
opinions
favorables au capitaine Dreyfus, ce qui est assez rare dans son milieu.
Charles opte pour la carrière des armes. Après une année
de préparation au
collège Stanislas à Paris, il est reçu en 1908 à
18 ans à l'École spéciale militaire
de Saint-Cyr, au 119e rang. Il a comme condisciple le futur maréchal
Juin. Les
élèves doivent avant tout connaître la troupe. C'est l'infanterie
que de Gaulle choisit,
la jugeant plus " militaire ", car plus directement exposée au feu en
temps de
guerre. Pour son année de troupe, il est affecté comme simple
soldat au 33e
régiment d'infanterie à Arras. À sa sortie de Saint-Cyr,
en 1912, au 13e rang, il
choisit pour affectation ce même 33e régiment d’Arras, commandé
alors par le
colonel Pétain.
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Peu après la déclaration de guerre du 2 août 1914, le lieutenant
de Gaulle combat
dans la Ve Armée de Lanrezac, stationnée dans le Nord-Est. Blessé
dès le 15 août à
Dinant, évacué et hospitalisé, il ne peut rejoindre le
front qu'en octobre. Il est blessé
une deuxième fois au combat de Mesnil-les-Hurlus le 10 mars 1915. Après
avoir été
soigné, il rejoint le 33e régiment d’infanterie où il est
commandant de compagnie puis
adjoint au colonel. Il reçoit une troisième blessure lors de la
bataille de Verdun à
Douaumont, en 1916. Laissé pour mort, il reçoit une citation à
titre posthume à l'ordre
de l'armée. Fait prisonnier, il est soigné à l'hôpital
de Mayence puis enfermé entre
autres dans la forteresse d'Ingolstadt en Bavière. Cinq tentatives d'évasion
ayant
échoué, (de mai à septembre, il est successivement interné
à Osnabrück, Neisse,
Sczuczyn, puis en octobre 1916, au fort d’Ingolstadt ; en juillet 1917, au camp
de
Rosenberg ; en octobre 1917, à la prison militaire de Passau ; en novembre
1917, à
Ingolstadt ; en mai 1918, au camp de Wülzburg ; en septembre 1918, dans
les
prisons de Tassau et Magdeburg ) il ne sera libéré qu'à
l'armistice. Ses compagnons
de captivité sont notamment le commandant Catroux, le journaliste Rémy
Roure et
Thoukhatchevski, futur maréchal de l'Armée rouge, victime des
purges staliniennes. Il
profite de sa captivité pour approfondir sa connaissance de l'Allemagne,
lire les
auteurs allemands. Il fait des conférences à caractère
stratégique et géopolitique sur
le déroulement de la guerre notamment.
Il est libéré après l'armistice du 11 novembre 1918 et
retrouve les siens en décembre.
De 1919 à 1921, de Gaulle part en tant que volontaire en Pologne où
il participe à la
formation et aux engagements de la nouvelle armée qui lutte victorieusement
contre
l'Armée rouge. À son retour, il épouse Yvonne Vendroux
le 7 avril 1921 à Calais. Son
fils Philippe naît le 28 décembre suivant. Le capitaine de Gaulle
est chargé de cours à
l'École de Saint-Cyr, avant son admission à l'École supérieure
de guerre en 1922. Il
fait un stage à Trèves, puis à l’état-major de l’armée
française du Rhin à Mayence en
1924. Le 15 mai, naît sa fille Elisabeth.
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En 1925, il est détaché à l'état-major du maréchal
Pétain, vice-président du
Conseil supérieur de la Guerre. Il est à nouveau affecté
à Trèves en 1927, comme
chef de bataillonaau 19ème Chasseurs.
Le 1er janvier 1928 naît sa seconde fille Anne. De Gaulle est muté
au Levant en
1929 et passe deux ans à Beyrouth avec sa famille. En 1931 il est
affecté au
secrétariat général de la Défense nationale
à Paris. Ce nouveau poste est pour lui
important, car c’est l’occasion de s'initier aux affaires de l'État.
Pendant cette période, il publie de nombreux articles qui le font
remarquer,
notamment "Doctrine a priori ou doctrine des circonstances " dont la thèse
avait
été jugée hétérodoxe par la hiérarchie
: contrairement à la doctrine traditionnelle
qui veut que l’action de l’armée se déroule suivant des normes
connues à
l’avance, le capitaine de Gaulle pense que tout en respectant certains
principes, il
est indispensable de tenir compte des circonstances. Il prononce plusieurs
conférences à l’Ecole supérieure de guerre sous l’égide
du maréchal Pétain; il y
fait preuve d’indépendance d’esprit et développe l’idée
qu’il se fait du chef militaire
: "L’Action du chef de guerre ", " Du caractère ". De Gaulle réfléchit
à une réforme
de l'armée et aux relations entre l'armée et le politique.
C'est ainsi que dans son
premier ouvrage, La Discorde chez l'ennemi, qui paraît en 1924, il
insiste sur le
fait que le politique doit primer sur le militaire. En 1932, Le Fil de
l'épée rappelle
l'importance de la formation des chefs et le poids des circonstances. Il
aborde la
théorie de la nécessité d’un corps de blindés,
alliant le feu et le mouvement,
capable d’initiatives et d’offensives hardies. Dans son ouvrage, Vers l'Armée
de
métier, publié en 1934, il développe cette question
de fond, qui nécessite la
création d'une armée professionnelle aux côtés
de la conscription. Cependant,
cette idée rencontre peu d’échos favorables, sauf de la part
de Paul Reynaud,
député de droite, ou de Philippe Serre ; de son côté,
dans les colonnes du
Populaire, Léon Blum stigmatise cette armée de professionnels
qu’il assimile,
comme d’autres, à des prétoriens. A l’étranger, en
revanche, l’emploi des blindés
tel que de Gaulle le préconise suscite la plus grande attention
(Guderian, Liddel
Hart). A Paris, de Gaulle fréquente diverses personnalités
autour du
lieutenant-colonel polytechnicien en retraite Émile Mayer,
favorable à la réforme
de la stratégie qui ne doit pas se contenter de la défensive
derrière la ligne
Maginot. Cependant, ni l'un ni l'autre ne sont écoutés.
Colonel en 1937, il est nommé à la tête du 507e régiment
de chars de combat à
Metz. Lors de la déclaration de guerre de la France et l'Angleterre
à l'Allemagne le
3 septembre 1939, le colonel de Gaulle est nommé commandant des
chars de la
Ve Armée.
En janvier 1940, de Gaulle envoie à quatre-vingts personnalités,
dont Léon Blum,
Paul Reynaud, ainsi qu'au général Gamelin et au général
Weygand, un
mémorandum fondé sur les enseignements à tirer des
opérations de Pologne.
Intitulé L'Avènement de la force mécanique, le texte
insiste sur la nécessité de
privilégier l'action des chars, appuyés par l'aviation. Affecté
au commandement de
la 4e division cuirassée en formation, de Gaulle s'illustre à
Montcornet, à Laon, et
arrête les Allemands à Abbeville (27-30 mai 1940).
Nommé général de brigade à titre temporaire à
compter du 1er juin, de Gaulle est
appelé par Paul Reynaud, président du Conseil, comme sous-secrétaire
d'État à
la Défense nationale et à la Guerre, le 5 juin. Il a pour mission
de coordonner
l’action avec l’Angleterre pour la poursuite du combat outre-mer. Le 9, il rencontre
Churchill qu’il tente en vain de convaincre d’engager davantage de forces, y
compris aériennes, dans la bataille. Le 10 juin, de Gaulle quitte Paris,
déclarée
ville ouverte, pour Orléans, Briare et Tours, où a lieu la dernière
rénunion
commune des gouvernements français et britannique. Churchill est frappé
par
"l'attitude impassible, impénétrable", du sous-secrétaire
d'Etat à la Défense
nationale et à la Guerre. "L'homme du destin ?" murmure Churchill.
Le 16 juin, à
Bordeaux, de retour de mission en Angleterre, il apprend la démission
du
président du Conseil, Paul Reynaud, son remplacement par le maréchal
Pétain et
la demande d'armistice. Le général de Gaulle ne démissionne
pas et prend ses
dispositions pour repartir pour Londres, espérant que les conditions
ennemies
pour accorder les Armistices obligeront le gouvernement Pétain à
se resssaisir.
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Grande Guerre; Entreguerres;
l'Appel a juin 1940; Résistance;
Libération; De Gaulle
politique; 1947-53; 1953-58;
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1968; Retraite; Comencemment;
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Le 17 juin de Gaulle repart donc pour Londres avec son aide de camp Geoffroy
de Courcel, afin de poursuivre la guerre. Après l’annonce de l’armistice
faite par
le maréchal Pétain, le Général lance le 18
juin, avec l’assentiment de Churchill,
un appel à la résistance sur les ondes de la BBC (British
Broadcasting
Corporation). Cet appel, non enregistré, est assez peu entendu en
France,
mais il est publié dans la presse le lendemain et relu par les journalistes
de la
radio.
Les jours suivants, toujours sur la BBC, il réitère sa dénonciation
de l’armistice
du gouvernement et reprend son appel à la résistance, dans son
discours du 22
juin notamment : " L’honneur, le bon sens, l’intérêt de la
Patrie, commandent à
tous les Français libres de continuer le combat, là où
ils seront et comme ils
pourront ". Général rebelle, il est rétrogradé et
mis à la retraite par le
gouvernement du maréchal Pétain, puis condamné à
mort par contumace en
août à la demande du Ministre de la Défense nationale, le
général Weygand.
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Agissant en tant que membre du dernier gouvernement légitime de
la République,
de Gaulle obtient le 28 juin d'être reconnu par Churchill comme
le chef des
Français libres. Il organise des forces armées qui deviendront
les Forces
françaises libres. En vertu d’ un accord préparé par
René Cassin, juriste de grand
renom, et reconnu par les Britanniques le 7 août, les FFL ne sont
pas une légion
étrangère au sein des forces britanniques, mais gardent leur
caractère national et
indépendant. Les forces françaises sont encore peu nombreuses,
mais elles ont
un statut et les ralliements se multiplient, en Angleterre et dans l’Empire.
Cependant, la malheureuse affaire du bombardement de notre flotte de Mers
El
Kébir par les Anglais, le 3 juillet 1940, marquera un fléchissement
des
ralliements.
Le général de Gaulle crée à Brazzaville un
organe politique, le Conseil de défense
de l'Empire le 27 octobre 1940, mais il insiste sur le fait qu’il sera
redevable de
ses actes devant la France à la fin de la guerre. L’armée
allemande envahit l’Union
soviétique le 22 juin 1941 et l’aviation japonaise attaque la base
américaine de
Pearl Harbor, le 7 décembre : la guerre devient planétaire.
De Gaulle dote la
France libre d'un Comité national français en septembre 1941,
préfiguration du
gouvernement en exil, qui deviendra le Comité français de
la Libération nationale
le 3 juin 1943 après son arrivée à Alger et qu'il
copréside avec le général Giraud.
Celui-ci était d’abord resté fidèle au Maréchal
mais ses troupes se rallient ensuite
à la France Libre. Le regroupement entre les Forces françaises
combattantes et
l'Armée d'Afrique se fera au feu. D’Alger, le général
de Gaulle met à la disposition
du commandement allié une armée qui va activement participer
aux campagnes
d’Afrique du Nord et d’Italie et apporter une contribution importante à
la libération
de la France puis à la défaite de l’Allemagne. Le général
de Gaulle est le
président du Gouvernement provisoire de la République française
(GPRF) formé le
3 juin 1944.
A partir de 1942, les relations étaient devenues plus étroites
entre la France libre
et la résistance intérieure. De Gaulle charge Jean Moulin d’organiser
en France le
Conseil national de la Résistance dans lequel toutes les tendances des
partis
politiques, des syndicats et des mouvements de résistance doivent être
représentées, afin de coordonner la lutte contre l’occupant et
contre Vichy, en vue
de libérer le territoire national. Il en va aussi de l’unité nationale
face aux alliés lors
de la Libération. De Gaulle se heurte aux alliés qui ne le reconnaissent
pas
comme le représentant légitime de la France malgré toutes
les assurances qu’il a
pu donner et celles de son entourage : son pouvoir n’émane pas d’élections
démocratiques. Ce n'est que le 23 octobre 1944, trois mois après
la libération de
Paris, que le GPRF est reconnu par les trois grands : États-Unis, Union
soviétique et Grande-Bretagne. Le Général avait toujours
affirmé que le choix des
Français se ferait librement et démocratiquement après
la libération du territoire :
plusieurs ordonnances sur l'organisation des pouvoirs publics et sur le
rétablissement de la légalité républicaine préparées
en cette année 1944 sont la
caution démocratique du pouvoir du chef des Français libres.
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La fermeté et la rapidité avec lesquelles le général
de Gaulle a rétabli l’autorité
d’un gouvernement national permettaient d’éviter la mise en place
de l’AMGOT (
Allied Military Government for Occupied Territories), prévu par
les Américains,
qui aurait voulu faire de la France libérée un État
administré et occupé par les
vainqueurs. Après le débarquement en Normandie, le 6 juin
1944, le général de
Gaulle débarque en Normandie sur la plage de Courseulles le 14 juin
1944, et
insiste avec vigueur auprès du général Eisenhower,
commandant en chef des
armées alliées, pour que Paris soit libéré
rapidement, alors que sa stratégie
prévoyait d'aller directement vers le Nord et l'Est sans passer
par la capitale.
La 2e DB du général Leclerc libère Paris le 25 août
et celui-ci reçoit la reddition
du gouverneur allemand de Paris, von Choltitz. Le général
de Gaulle se
réinstalle au ministère de la Guerre, rue Saint-Dominique
à Paris, dans le
bureau qu'il occupait jusqu'au 10 juin 1940, signifiant ainsi que Vichy
était une
parenthèse et que la République n’a jamais cessé d’exister.
Puis il se rend à
l'Hôtel de Ville où il prononce un discours dans lequel il
insiste sur le rôle
essentiel joué par les Français pour leur propre libération.
Le lendemain, 26
août, il descend triomphalement les Champs-Élysées.
Le " peuple dans ses
profondeurs " est dans un enthousiasme indescriptible. Le 9 septembre,
un
gouvernement d'unanimité nationale est constitué, sous sa
présidence. Une
Assemblée constituante est ensuite élue en octobre 1945,
six mois après la fin
de la guerre.
Président du Gouvernement provisoire, mais en désaccord avec l'Assemblée
constituante sur la conception de l'État, le rôle des partis et
les crédits
militaires, de Gaulle remet sa démission au président de l’Assemblée
nationale, Felix Gouin, le 20 janvier 1946. Il a rempli la mission qu’il s’était
donnée le 18 juin 1940 : libérer le territoire, restaurer la République,
organiser
des élections libres et démocratiques, entreprendre la modernisation
économique et sociale. Mais de Gaulle espère qu’on fera à
nouveau très vite
appel à lui. D'ici là il va agir, de l'extérieur, pour
faire adopter des institutions
stables et efficaces.
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Après un temps de silence, le Général prend la parole
à Bayeux, le 16 juin
1946. Dans son discours, il expose un véritable projet constitutionnel
avec un
exécutif fort, une séparation claire des pouvoirs, germe
de ce que sera la
Constitution de la Ve République. Il reprend ces idées à
Bar-le-Duc puis à
Épinal le 29 septembre après le vote de l'Assemblée
nationale constituante en
faveur du projet constitutionnel, mais il n'est pas écouté,
puisque les électeurs
votent pour ce dernier projet le 13 octobre suivant. En fait, ce vote est
davantage une marque de lassitude que d'adhésion : 1/3 des électeurs
s’est
abstenu ; 1/3 s'est prononcé contre le projet ; 1/3 s'est montré
favorable à ce
qui devient la Constitution de la IVe République.
Dès lors, de Gaulle est dans l'opposition. Le 14 avril 1947, il lance
un
mouvement, le Rassemblement du peuple français, qui compte rapidement
de
très nombreuses adhésions et remporte un grand succès aux
élections
municipales de l'automne. Le but est de lutter contre le régime " exclusif
" des
partis, pour une réforme constitutionnelle, puis contre les "séparatistes
",
c'est-à-dire les communistes. De Gaulle souhaite que ce mouvement politique
ne soit pas un parti, mais un rassemblement. C'est pourquoi il propose la
double appartenance, c'est-à-dire que les membres de tous les partis
politiques, sauf le PCF, peuvent adhérer au RPF. C'est un échec,
car les partis
traditionnels refusent la double appartenance afin de conserver leurs adhérents.
Pendant cette période, chef politique, le général de Gaulle
est interdit
d'antenne. Il est donc obligé de se déplacer dans toute la France,
de Bruneval à
Strasbourg, pour faire connaître ses idées. C'est ainsi qu'il peut
approfondir sa
connaissance du pays, et se préparer à une action politique ultérieure.
Mais le
RPF, à cause de la loi sur les apparentements, n'a pas l’impact souhaité
aux
législatives de 1951 : les députés ne sont pas assez nombreux
pour infléchir la
politique sociale, ni les institutions. Aussi de Gaulle décide-t-il de
mettre
progressivement en sommeil le Rassemblement du peuple français entre
1953
et 1955. Mais cette expérience aura permis de former et de mobiliser
des
militants, et de créer un encadrement qui se révélera important
et efficace en
1958.
Formation;
Grande Guerre; Entreguerres;
l'Appel a juin 1940; Résistance;
Libération; De Gaulle
politique; 1947-53; 1953-58;
1958; Veme. République;
1959-62; 1962-68; Mai
1968; Retraite; Comencemment;
Perdu?
Pour le général de Gaulle, la période qui s'étend
de 1955 à 1958 est " la traversée
du désert ". Il se retire à Colombey-les-Deux-Églises,
rédige ses Mémoires de
Guerre, voyage (il se rend dans l'Union française notamment) et continue
à
recevoir à Paris, rue de Solférino, ancien siège du RPF.
Il reste volontairement en
retrait, mais demeure très attentif aux événements.
Formation; Grande
Guerre; Entreguerres; l'Appel
a juin 1940; Résistance; Libération;
De Gaulle politique; 1947-53;
1953-58; 1958; Veme.
République; 1959-62; 1962-68;
Mai 1968; Retraite; Comencemment;
Perdu?
L'instabilité ministérielle, l'impuissance de la IVe République
à l'égard,
notamment, de la question algérienne, déclenchée par
une insurrection le 1er
novembre 1954, conduisent le régime à une crise grave. Bon
nombre de
responsables politiques de tous bords en viennent à souhaiter le
retour du
Général.
Le 13 mai 1958, un comité de vigilance appelle à manifester
contre le FLN à
Alger. Un comité de salut public est créé, à
la tête duquel se trouve le général
Salan qui a reçu tout pouvoir du gouvernement en l'absence du ministre
résident Robert Lacoste. Le général Salan lance un
appel au général de Gaulle
le 15 mai. L'insurrection prend de l'ampleur et risque de dégénérer
en guerre
civile. Le 19, le Général se dit " prêt à assumer
les pouvoirs de la République ".
Certains voient dans cette déclaration un soutien à l'armée
et s'inquiètent. Il
rassure et insiste sur la nécessité de l'union nationale
et s'il se présente encore
comme le recours, il ne donne aucune caution ni à l'armée
ni à quiconque et
remet chacun devant ses responsabilités.
Le 29 mai, le président de la République, René
Coty, fait appel " au plus illustre
des Français". Charles de Gaulle accepte de former un gouvernement,
qui est
investi par l’Assemblée nationale le 1er juin, par 329 voix sur
553 votants. Le
général de Gaulle devient ainsi le dernier président
du Conseil de la IVe
République. Les députés lui accordent la possibilité
de gouverner par
ordonnance pour une durée de six mois, et autorisent le gouvernement
à
soumettre au référendum une nouvelle Constitution. Celle-ci,
élaborée au cours
de l’été 1958, est très proche des propositions avancées
à Bayeux, avec un
exécutif fort, disposant du droit de dissolution .
La Constitution est adoptée par référendum le 28 septembre
1958, avec 79,2%
de "oui". L’Empire l'approuve également, sauf la Guinée qui devient
ainsi le
premier Etat d'Afrique à obtenir son indépendance. Le 21 décembre,
Charles de
Gaulle est élu à une large majorité président de
la République française et de la
Communauté, par un collège électoral composé d'élus.
Il prend ses fonctions le
8 janvier 1959.
Entre le moment de son entrée en fonction comme président du Conseil
et son
élection à la présidence de la République, Charles
de Gaulle a largement
amorcé la politique qui marquera son passage au pouvoir : outre
la volonté de
doter la France d’une nouvelle Constitution, le Général se soucie
de la politique
européenne de la France (rencontre avec le chancelier Adenauer le 14
septembre), de l’indépendance du pays face aux Etats-Unis (mémorandum
du
17 septembre adressé au président Eisenhower), de l’assainissement
des
finances publiques (mesures du 27 décembre et lois organiques) et du
sort de
l’Algérie (il refuse les choix des comités de salut public et
appelle à la " paix
des braves " en octobre).
Formation;
Grande Guerre; Entreguerres;
l'Appel a juin 1940; Résistance;
Libération; De Gaulle
politique; 1947-53; 1953-58;
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1959-62; 1962-68; Mai
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Perdu?
La tâche la plus urgente concerne l'Algérie. De Gaulle multiplie
les voyages (le
premier a lieu dès le 3 juin 1958), et s'achemine par étapes
vers la solution de
l'indépendance : il propose l'autodétermination aux Algériens
en 1959. Le
référendum du 8 janvier 1961 sur le principe de l'autodétermination
apporte au chef
de l'État un soutien massif, puisqu'il recueille 75% de " oui ".
Mais les
négociations sont difficiles à mener, compliquées
par l'indiscipline des partisans
de l'Algérie française, par l’intransigeance du parti unique
algérien, le FLN, et par
le putsch de certains généraux français, le 22 avril
1961,
qui échoue aussitôt.
Après les pourparlers officieux menés par Georges Pompidou
et des
représentants du FLN, les négociations s'ouvrent sous la
conduite de Louis Joxe,
ministre des Affaires algériennes. Elles aboutissent aux accords
d'Évian, signés
le 22 mars 1962, acceptés par référendum en France
le 8 avril, et en Algérie le 1er
juillet. L'Algérie peut accéder à l'indépendance,
mais une volonté de coopération
est affirmée par la France.
Dans le même temps, le chef de l’Etat entend respecter la parole de la
France
concernant la signature des traités de Rome de 1957. Pour que la France
entre
dans la Communauté économique européenne dès le
1er janvier 1959, une
réforme financière est mise en place, Antoine Pinay étant
ministre des Finances
(le nouveau franc est lancé à cette date) ; les barrières
douanières tombent offrant
les produits français à la concurrence européenne. La France
est poussée à la
modernisation.
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Grande Guerre; Entreguerres;
l'Appel a juin 1940; Résistance;
Libération; De Gaulle
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1959-62; 1962-68; Mai
1968; Retraite; Comencemment;
Perdu?
L'année 1962 marque un véritable tournant, tout d’abord sur
le plan
institutionnel : après l'attentat du Petit-Clamart perpétré
par l’OAS le 22 août
1962, le Général propose l'élection du chef de l'État
au suffrage universel. Par
cette réforme, il veut assurer à son successeur une légitimité
démocratique
nécessaire face aux parlementaires, qui supplée à
la légitimité historique que
lui seul pouvait incarner. L'opposition est importante de la part de ceux
qui
défendent la tradition parlementaire et qui se méfient d’une
dérive vers un
pouvoir personnel. Une motion de censure est déposée et le
gouvernement
Pompidou est renversé. De Gaulle dissout l'Assemblée nationale,
comme la
Constitution lui en donne le droit, et attend que le référendum
sur la
modification de l'élection présidentielle ait eu lieu (le
28 octobre 1962) pour que
se déroulent les nouvelles élections législatives.
Le président de la République n’hésite pas, pour les
choix importants, à
solliciter le soutien populaire par le biais du référendum
: l'autodétermination
des Algériens (référendum du 8 janvier 1961) en est
l'occasion, mais aussi les
accords d'Évian (8 avril 1962) ou la révision constitutionnelle
de 1962, qui avec
62.2 % de " oui " est, malgré l'appel à voter "non" de tous
les partis, un
énorme succès. Pour la régionalisation et la réforme
du Sénat (27 avril 1969), le
président de la République appelle également les citoyens
aux urnes.
Si les séquelles de la guerre d’Algérie persistent (rapatriement
des Français,
attentats de l'OAS), le chef de l'État est toutefois libéré
des contraintes du
problème algérien et peut désormais s'attacher à
mener une politique
d'indépendance nationale renforçant le rang de la France.
Il fait poursuivre activement la politique nucléaire engagée
sous la IVe
République. La première bombe atomique française éclate
à Reggane au
Sahara en février 1960. De Gaulle refuse la tutelle des Etats-Unis
et retire peu à
peu la France du système intégré de l'OTAN. Ce sera
chose faite en 1966,
mais la France reste membre de l'Alliance atlantique.
Le général de Gaulle cherche par ailleurs à construire
une Europe réellement
européenne et se rapproche très tôt de l'Allemagne
fédérale. Dés 1958, il reçoit
le chancelier Adenauer dans sa propriété de Colombey, et
le Traité de l'Élysée,
signé le 22 janvier 1963, institue un axe franco-allemand indépendant
des
structures européennes. S’il refuse momentanément l'entrée
de la
Grande-Bretagne dans la Communauté économique européenne,
c’est qu’il la
voit comme le " cheval de Troie " des États-Unis.
Il rééquilibre la CEE avec la politique agricole commune en 1963
mais refuse en
général la notion de supranationalité, sans remettre en
cause toutefois le Traité
de Rome. La crise de " la chaise vide " de juillet 1965 à janvier 1966
a pour but
d'empêcher la Commission européenne d'accroître son pouvoir
aux dépens des
Etats.
Mener "une politique des mains libres ", c'est s’affranchir de la politique
des
deux blocs, même si de Gaulle donne son appui aux Etats-Unis lors des
crises
de Berlin (août 1961) ou de Cuba (1962). C’est aussi renforcer la présence
de
la France dans le monde : auprès des Etats nés de l'ancienne Communauté
africaine et malgache, devenus indépendants depuis 1961, mais aussi en
Asie
et en Amérique latine. En 1964, de Gaulle reconnaît la République
populaire de
Chine; il visite aussi les Etats d’ Amérique latine. En 1966, il prononce
un
discours à Phnom-Penh dans lequel il stigmatise la politique américaine
au
Vietnam. En juillet 1967, le " Vive le Québec libre ! " confirme l'attachement
de
De gaulle au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ainsi que
la présence
historique de la France en Amérique du Nord. Cet épisode marque
également
la fidélité du Général au droit des peuples à
disposer d’eux-mêmes.
Mais, de Gaulle se rapproche aussi de l'Union soviétique et de ses
États
satellites, pour construire " l'Europe de l'Atlantique à l'Oural
". La politique de "
détente, entente et coopération " est amorcée par
un voyage en URSS en juin
1966 ; elle se poursuit par un voyage en Pologne en 1967 et un autre en
Roumanie l’année suivante. Néanmoins, le général
de Gaulle n'a jamais failli à
sa fidélité au bloc occidental et par exemple, lors de la
crise de Cuba en 1962,
il a été le premier à soutenir Kennedy contre Khrouchtchev.
En 1965, l'élection présidentielle au suffrage universel
est mise en pratique pour
la première fois. Après son premier mandat de sept ans, de
Gaulle hésite à se
représenter. Il annonce tardivement sa candidature, ne fait pas
campagne alors
que les autres candidats sont très actifs (François
Mitterrand et Jean Lecanuet
notamment). Mis en ballottage (avec 43,7% des voix), il hésite à
se retirer puis
se ressaisit. Trois entretiens télévisés le montrent
plus proche des
préoccupations des Français lors de la campagne du second
tour. Il est élu
face à Mitterrand, avec 54,8% des voix. A sa famille, il annonce
sous le sceau
du secret qu'il s'en ira à " 80 ans pour surprendre tout le monde".
Outre la réforme financière de 1958, la France bénéficie
des " Trente Glorieuses
" et de la croissance amorcée sous la IVe République. Les structures
économiques sont modernisées, le niveau de vie s’accroît.
Formation;
Grande Guerre; Entreguerres;
l'Appel a juin 1940; Résistance;
Libération; De Gaulle
politique; 1947-53; 1953-58;
1958; Veme. République;
1959-62; 1962-68; Mai
1968; Retraite; Comencemment;
Perdu?
Un certain désenchantement apparaît face au blocage de la
société et les
événements de Mai 1968 en sont le révélateur.
Comme dans de nombreux
pays étrangers, la contestation des étudiants se développe
à partir de mars
1968. Les syndicats et les partis politiques de gauche profitent des
manifestations étudiantes pour lancer une grève générale
qui sera suivie par les
ouvriers. Cette grève générale paralyse le pouvoir
pendant le mois de mai,
provoquant une crise sévère qui ébranle le pouvoir.
Le Général expose, le 24 mai qu'il entend que l'État
doit rétablir l'ordre,
maintenir la République ; la rue, c'est " la chienlit ", le désordre,
la menace du
totalitarisme. Les accords de Grenelle passés entre le gouvernement,
les
représentants des syndicats et du patronat aboutissent à
un train de mesures
classiques. La disparition soudaine et inexpliquée du chef de l’Etat,
parti en
hélicoptère le 29 mai pour une destination inconnue, provoque
la stupeur et
ouvre la voie à toutes les supputations. Il passe par Baden Baden
où il est reçu
par le général Massu, n'ayant pas réussi à
le faire venir à l'aérodrome de
Stasbourg par suite des grèves des lignes téléphoniques
internationales - le
Général n'avait pas voulu que soient utilisées les
lignes de l'Elysée,
probablement écoutées. Pense-t-il à se retirer ? Veut-il
s’assurer des
sentiments de l’Armée ou simplement prendre du recul dans une situation
qu'il
jugeait insaisissable ? Sans doute souhaite-t-il plonger l'opinion et le
gouvernement "dans le doute et l'inquiétude" "afin d'attirer de
nouveau les
projecteurs sur lui". Dès son retour à Paris le lendemain,
la fermeté de son
allocution radiodiffusée est l'élément décisif
du rétablissement de la situation.
Cette allocution du 30 mai, vue par Maurice Schuman et le général
de Boissieu
sur son bureau à l'Elysée, était presque achevée
le 29 à 11 heures. L'allocution
est suivie d’une immense manifestation organisée par les gaullistes
sur les
Champs-Élysées. De Gaulle dissout l'Assemblée nationale.
La campagne des
législatives occupe les forces politiques et la reprise du travail
se fait
progressivement.
Ces élections n’ont pourtant pas assez redynamisé le pouvoir.
L’Assemblée
nationale, plus à droite, est plus frileuse face aux réformes
pourtant
nécessaires. L’Elysée semble plus coupé des Français,
la confiance n’est pas
vraiment rétablie.
Contrairement à de très nombreux avis, le chef de l’Etat, désireux
que le peuple
frrançais lui renouvelle sa confiance, décide d’organiser un référendum
portant
sur la régionalisation et la réforme du Sénat. Le 27 avril
1969, la proposition est
rejetée par 52,4% des voix. Fidèle à sa promesse et respectueux
du peuple
souverain, de Gaulle démissionne : à minuit dix, un communiqué
annonce : "
Je cesse d'exercer mes fonctions de président de la République.
Cette décision
prend effet aujourd'hui à midi. "
Formation;
Grande Guerre; Entreguerres;
l'Appel a juin 1940; Résistance;
Libération; De Gaulle
politique; 1947-53; 1953-58;
1958; Veme. République;
1959-62; 1962-68; Mai
1968; Retraite; Comencemment;
Perdu?
Il se retire à Colombey-les-Deux-Églises, s'abstient de toute
prise de position
publique, reçoit quelques fidèles et poursuit l'écriture
de ses Mémoires. Les
Mémoires de Guerre avaient commencé de paraître en
1954, seul le premier
volume des Mémoires d’Espoir est achevé lorsque Charles de
Gaulle meurt, le 9
novembre 1970.
En 1952, il avait établi un testament exprimant son refus de funérailles
nationales.
A Colombey-les-Deux-Eglises, sa dépouille est transportée
sur un engin blindé de
reconnaissance vers la petite église, en présence de sa famille,
des Compagnons
de la Libération et des habitants de son village. Il est enterré
au cimetière auprès
de sa fille Anne, avec une simple inscription sur sa tombe, " Charles de
Gaulle
1890-1970 ". Le 12 novembre, à Notre-Dame de Paris a lieu une cérémonie
officielle avec les autorités de l'État et les personnalités
étrangères.
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