"Aux gens de la même race que ma mère, aux gens des nuages, aujourd'hui je chante avec mon âme et je pleure pour de vrai avec vous, parce que lorsqu'arrive la mort, à quoi servent les larmes, à quoi sert de chanter ?"

Bienvenue sur cette petite page non officielle en hommage à l’auteur compositeur d’origine mixtèque et nord américaine Lila Downs, que j’ai eu le plaisir de découvrir au Grec 99, un festival d’été qui a lieu chaque année à Barcelone (Espagne) : elle a eu un grand succès auprès de son public, marqué par un déluge d’applaudissements à la fin de sa prestation. Elle est surprenante par sa qualité en tant que compositeur (mais elle interprète aussi des classiques), et en raison de sa voix puissante, adaptable à de nombreux registres, et finalement séduisante et expressive. J’espère que nous en saurons bientôt plus sur elle, car je crois qu’elle en vaut la peine. Je souhaite que vous vous intéressiez et appréciez sa musique et les valeurs culturelles qu’elle transmet. La tolérance, le métissage, les racines culturelles, tradition et modernité, c’est une authentique « World Musician ».
Tout une découverte que je vous invite à faire...

La musique de Lila Downs appartient au deux rives du Río Grande. Héritière de deux cultures, mexicaine et nord-américaine, la chanteuse de Oaxaca récupère et réinvente la musique traditionnelle mexicaine. World Music ? Lila Downs accepte cette étiquette, dans la mesure où on l’applique aussi à la musique de Madredeus, Cesária Evora ou Marisa Monte. Dans certains cas, le chant indien Mixteque, la Ranchera, le Corrido, ou le Bolero acquièrent dans sa voix, capable d’affronter avec le même aplomb un air d’opéra ou un blues, une dimension nouvelle à travers du mélange avec les instruments et arrangements qui proviennent d’autres styles musicaux, comme le Jazz, le Blues ou la Bosa Nova. Née d’une mère Mixtèque et d’un père nord-américain, Lila Downs a étudié l’anthropologie à l’université du Minnesota et de Oaxaca. En 1993, elle se produit dans les clubs de jazz de Philadelphie et de Oaxaca et en 1994 elle enregistre ses premiers airs. En 1996, une de ses chansons gagne un prix attribué par une émission de radio de Philadelphie dans la catégorie meilleure composition de jazz d’origine latine. Dans la même année, elle enregistre son second disque : En vivo, con Lila Downs. En parallèle, elle participe à un film sur la vie de Pancho Villa mis en scène par Edward James Olmos. La Sanduga, sorti en 1997, est son premier travail réalisé à partir de la musique traditionnelle de Oaxaca. Árbol de la vida (Yutu Tata), son dernier disque, sorti il y a peu, est inspiré par les images des vieux manuscrits Mixteque. Ses paroles, chantées en Espagnol et dans des langues indigènes comme le Mixteque, le Zapotèque ou le Maya constituent un témoignage de mysticisme et la philosophie du Mexique pré-hispanique. (Photo: ??)
Source : Institut de Cultura, Festival d’Estiu de Barcelona, Grec 99.


Discographie de Lila Downs:

  "Ofrenda" (1994) 
(en K7)

Inspiré par des indiens qui émigrent aux Etats Unis pour travailler.
  "Azuláo. En vivo con Lila Downs" (1996) 
(en K7)
"La Sandunga" (1997) Acheter ici!
"Arbol de la vida (Yutu Tata)" (1999)
Yutu Tata, Árbol de la vida, selon l’interprétation Mixtèque, est un arbre généalogique et figuratif qui représente aussi bien la naissance du premier mixtèque que la relation avec la nature et l’harmonie qui doit exister avec elle. Acheter ici!

Pour en savoir plus sur Lila Downs, je vais maintenant publier quelques unes de ses déclarations auprès de différents médias (principalement à Mexico), pour nous faire une idée de ses motivations et projets.

LILA A DIT ...

« J’ai grandi dans deux pays : à Tlaxiaco en Oaxaca et à Minneapolis au Minesota et je suis très chanceuse en relation avec ceux de mes compatriotes qui ont traversé la frontière à la nage. J’ai souvent vu comment cela se passait, et je m’identifie beaucoup aux indigènes. Peut-être ai-je plus de sentiments pour la culture indigène que pour la culture métisse qui à certaines époques de ma vie m’aurait amenée à rejeter mes racines indigènes. Cela ne signifie pas que je ne respecte pas la culture métisse sont je fait également partie. »

« Un des sujets qui m’intéresse le plus est de penser que nous pouvons retrouver la culture indigène et en même temps vivre une réalité moderne. Avec des amis des communautés triquis, mixtèques et zapotèques de Oaxaca, j’ai grandi en pensant que toutes nos communautés indigènes avaient besoin d’une autonomie politique et légale, et un grand respect de la part de tout le monde. Ses langues et idées de reconnaissance de la nationalité doivent rester, sans oublier ce qui se passe dans le monde car nous en faisant partie. »

« J’ai grandi dans une espèce de double réalité, entre tradition et modernité, bien que je l’avoue, nous faisions partie de ceux qui ont eu le plus d’accès à la modernité. Il y a dans mon entourage des personnes qui me regardent avec beaucoup de respect et d’admiration parce que mon père était un gringo, ce qui me sert et que j’utilise parfois au service de mon activité artistique. Mais je n’oublie jamais que je me trouve dans une situation différente des autres, comme mes cousins et cousines qui ont dû aller travailler aux Etats Unis, récolter des tomates. »

« Il y a des gens qui croient que nous, les mixtèques, nous n’émigrons que pour des raisons économiques mais je ne crois pas qu’il en soit ainsi. Il y a eu des études d’anthropologues, qui ont révélées que bien des fois les gens émigrent aussi par curiosité. Je me souviens que ma grand mère me disait toujours quand j’étais petite que c’était l’époque ou toute sa famille s’en allait, parce qu’il fallait s’en aller, il fallait bouger. »

« Il y a cinq ans, j’ai commencé à chanter professionnellement dans l’état d’Oaxaca, après j’ai fait mes premières créations de musiques mexicaines, et en fusionnant différents courants musicaux, sont apparus les styles cumbia-rap et norteña-bossa, entre autres combinaisons. »

« Après avoir été diplômée par l’université, je ne savais pas ce que je voulais, et je suis retournée à Oaxaca, je me suis dédiée au commerce, et je chantais avec une compagnie de tambours dans le haut mixtèque. »

« Comme beaucoup d’artistes ma priorité est de trouver un mode d’expression original, et surtout la manière adéquate pour y parvenir. Au cours de ce combat sont apparues des opportunités, et j’ai pu présenter mes chansons à des publics hétérogènes comme par exemple à l’exposition universelle de Lisbonne en 1998. »

Photo de Matías Arroyo

« Avec mon art, je voudrais faire que les paysans mixtèques se sentent plus fiers de ce que nous sommes, de notre langue. Je pense que nous sommes vraiment fiers, très dignes, mais que nous avons beaucoup de mal à maintenir notre culture et la langue indigène. Ceci contraste avec les Zapotèques qui sont plus extravertis. »

« Je voudrais créer une conscience de notre culture à travers mes expériences. Ca ne me plaît pas que nous ayons honte de ce que nous sommes. »

« Il ne devrait pas exister de barrières entre le monde métisse et le monde moderne. »

« Je veux continuer à découvrir, c’est ce qui me plaît le plus. Je viens d’entrer dans une phase qui me permet d’affirmer que si j’ai choisi une chanson, c’est parce que je l’aime vraiment. Avant j’étais plus préoccupée par d’autre paramètres, comme les goûts du public. Je voudrais travailler avec des textes plus personnels et de poètes mexicains. Je suis désolée que l’on néglige l’expression personnelle contemporaine, et les textes traditionnels comme la Sanduga, qui, interprétée d’une nouvelle manière me touche moi et mon public. »

« Je souhaite faire un enregistrement des chansons de David Haro et de poèmes de Jaime Sabines ; des textes très noirs si on veut, qui parlent de la mort et de cette tristesse qui m’intéresse beaucoup. »

« En tant qu’artiste, mon travail consiste à recréer, écrire et chanter mes idées et réflexions sur des sujets comme l’émigration, la femme et le monde indigène, à travers la combinaison de divers styles musicaux. »

« Des sujets concrets qui parlent de problèmes sociaux comme la place de la femme au Mexique, des morceaux inspirés de vieux manuscrits mixtèques qui ont survécus à l’inquisition et des classiques comme la Sanduga ou la Llorona. »

« La commercialisation de ces produits culturels est une réalité indéniable. Il a toujours existé des sujets spécifiques qui deviennent à la mode, se développent et ensuite meurent. Il y aura toujours une partie commerciale, mais aussi une autre marquée par la conscience, comme ce qui est arrivé dans les années 60 et 70, quand de grands bouleversements ont eu lieu. Cela a été possible grâce à une mentalité qui nous a tous atteint. »

« Maintenant, je reconnais une grande influence du hip-hop, c’est indéniable. C’est la différence entre une artiste et une anthropologue. Je peux suivre une ligne puriste, de recherche dans la musique traditionnelle mexicaine, mais ça ne serait pas suffisant. »

Photo: ??


Cette page a été faite par Joan à Barcelone (Espagne). Si vous voulez vous mettre en contact avec moi, je vous en prie, vous pouvez envoyer un message à l’adresse électronique suivante : somewhere_ew@yahoo.com . Vos commentaires et suggestions sont les bienvenues. Merci de votre attention.
Merci beaucoup à Matías Arroyo par sa belle photo de Lila.


Liens: 

- www.liladowns.com Page officielle. 
- www.narada.com Narada Records.

- Culturgest
Artículo.
- Infosel en línea Información Selectiva, S.A. de C.V.
Acerca de "Árbol de la vida (Yutu Tata)".
- Bitácora. Arte, cultura, turismo, esparcimiento.
Artículo de Christian Zúñiga.

     

NOTE IMPORTANTE : cette page a été élaborée en compilant différentes informations recueillies sur internet. Si quelqu’un pense j’ai transgressé une loi relative au droit d’auteur, en ce qui concerne les extraits d’articles ou d’interviews reproduites ici, je vous prie de me le communiquer et je le retirerai. Mon intention est de recueillir de l’information et de la traduire dans d’autres langues pour faire connaître le travail de Lila au plus grand nombre de personnes, en tant qu’usager strictement personnels d’internet, comme moi, et en aucun cas pour une activité de type commerciale ou lucrative. Dernière actualisation : Août 2000.

Traduction: Patrice Julien

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